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Novecento : pianiste, Alessandro Baricco, Folio.
Suite de mes « lectures italiennes » avec dans la foulée un deuxième écrit de Alessandro Baricco. Il faut dire que là aussi c’est une lecture assez courte et tout comme la première très passionnante.
L’histoire d’un homme qui n’a jamais connu la terre ferme. Né pendant une traversée entre l’Europe et l’Amérique et abandonné sur le navire, Novecento n’a depuis jamais quitté le bateau. Pianiste autodidacte, sa réputation est pourtant immense, bien au delà de cet immense paquebot qu’il ne quitte jamais.
Une histoire très singulière donc mais au combien intéressante. Le format est court mais l’écriture vivante et dense. Pensée à la base comme une pièce de théâtre, il n’y a que peu de temps mort, c’est très agréable à lire.
Un auteur très interessant et je suis curieux de voir ce qu’il peut faire sur des histoires plus développées. Je reviendrai donc un peu plus tard sur Alessandro Baricco avec des formats un peu plus longs, je vois qu’il en reste dans la bibliothèque. Je continue en attendant ma période italienne avec Italo Calvino. Là aussi j’ai de quoi faire dans ma bibliothèque.
Soie, Alessandro Baricco, Folio.
J’entame dans mes lectures une période italienne. Quelle meilleure transition donc qu’une histoire se déroulant en partie au Japon écrite par un auteur italien. Une lecture très courte (compter deux heures grand maximum) mais réellement passionnante.
L’histoire de Hervé Joncour qui pour sauver un élevage de vers à soie entreprend un voyage de la France vers le Japon. L’histoire se déroule fin XIXème, un tel voyage est donc une véritable expédition puisque le Japon est encore à l’époque un pays très fermé, le commerce des vers à soie étant officiellement interdit jusqu’en 1866 (l’histoire commence en 1860).
Au delà de ce périple, c’est l’histoire d’une rencontre qui bouleverse une vie. Une vie pas deux car tout cela est à sens unique.
Une écriture simple, vivante, agréable. Une histoire touchante au dénouement à la fois surprenant et particulièrement recherché. Un très beau livre.
Asuka Fujimori, Mikrokosmos, Flammarion.
Une excellente surprise que cette lecture. Un fois de plus un bouquin acheté au hasard et qui m’aura beaucoup plu.
Asuka Fujimori (japonaise écrivant directement en français) nous raconte parallèlement deux histoires.
La principale, c’est celle de Hitoshi Soga (1892-1945), dernier descendant d’un clan que l’on croyait pourtant éteint, le clan Soga.
De son enfance difficile jusqu’à son accession à un poste prestigieux, Hitoshi Soga n’a en tête qu’une seule chose, construire comme il le dit « son oeuvre ». Bien entendu, je ne peux vous donner plus d’information sur cette « oeuvre » mais juste vous dire que j’ai jusqu’au bout, été incapable d’anticiper un tel dénouement. Et pourtant, beaucoup d’indices, de pièces du puzzle, sont disséminés tout au long du récit et une fois l’intrigue dévoilée complètement, on se remémore toutes ses petites choses. Un récit particulièrement bien construit donc.
Au passage, ce roman est aussi un très intéressant point de vue sur la politique militariste du Japon au XXème siècle. L’invasion de la Mandchourie, la guerre sino-japonaise, l’entrée en guerre contre les Etats-Unis, le récit, parfois tournée en dérision (l’humour noir est très présent) est assez édifiant.
La seconde histoire, c’est celle du clan Soga et en particulier les raisons qui font que l’on pensait ce clan éteint depuis très longtemps.
On se retrouve alors plongé en plein VIIème siècle mais d’une façon assez surprenante. Le ton est ici très caustique, un humour noir omniprésent. Les personnages sont tous plus farfelus les uns que les autres, les dialogues sont à la fois improbables et très amusants. Au fur et à mesure que l’histoire se déroule, le ton est de plus en plus débridé, certaines scènes sont tout bonnement ahurissantes. Bien que totalement décalé, le récit est parfaitement maîtrisé et très divertissant.
L’alternance entre XXème et VIIème siècles est au départ assez surprenante mais très vite, on y prend gout.
Une histoire surprenante, un ton qui tourne vie à la dérision (surtout pour l’histoire du clan Soga), un humour certes très particulier mais très bien amené, autant d’ingrédients qui m’ont à la fois surpris mais surtout beaucoup plu.
Un très bon moment passé aux milieux de ces personnages à la fois déjantés et crédibles.
Jin Yi, Mémoires d’une dame de cour dans la cité interdite, Picquier.
Témoignage unique d’une « dame de cour » qui fut au service de la dernière impératrice de Chine jusqu’à la fin de son règne, ce livre est à la fois très intéressant et surprenant. Ce qu’il y a de plus étonnant à la lecture de ce livre, c’est de se dire que ce témoignage date du XXème siècle. Il est pourtant ici question de traditions, de coutumes, de rituels vieux de plusieurs centaines d’années et pourtant toujours en vigueur et ce jusqu’au dernier moment.
Les eunuques (oui, on parle bien encore d’eunuques) et dames de cour au service de l’impératrice en particulier sont soumis à des règles ancestrales, inchangées depuis des siècles. Que ce soit le réveil de l’impératrice, sa toilette, ses repas, on se croit à tout moment dans une récit très ancien. On découvre aussi un monde très dur dans lequel la moindre erreur est considérée comme impardonnable. Un regard de travers, un geste déplacé et c’est la mise à l’écart, voir pire.
Le témoignage est ici très détaillé. On partage le quotidien de He Rong Er qui est entrée dans la Cité Interdite à l’âge de treize ans. Un quotidien soumis à des règles qui paraissent souvent aberrantes, on peut même dire qui le sont, mais qui ne sont jamais remises en question. La vie d’une dame de cour est avant tout une vie de contraintes, de soumission totale.
On découvre aussi grâce à ce témoignage une liste impressionnante de traditions, de règles, de comportements tous plus absurdes les uns que les autres. Prenons par exemple le récit sur les chaussettes de l’impératrice. Avouons que les chaussettes n’est pas dans une vie ce qu’il y a de plus crucial. Et bien si l’on prend en compte que les chaussettes doivent être faites des meilleurs tissus (en soie), que le mode de fabrication était très particulier et devait répondre à des contraintes très strictes nécessitant du temps et une main d’oeuvre qualifiée et que, bien entendu, une paire n’était utilisée qu’une seule fois, et bien nous arrivons au nombre impressionnant de trois mille couturières en charge de la fabrication des chaussettes de l’impératrice. Un exemple parmi d’autres, édifiant.
Il ne faut pourtant pas croire que la vie des dames de cour était comparable à celle des esclaves. Les points communs sont très nombreux (privation de toutes libertés individuelles pour commencer) mais on sent dans le témoignage de He Rong Er qu’elle ne fut pas malheureuse. On sent une certaine fierté, une satisfaction et très peu de regrets. Un peu comme si dans une résignation évidente, elle trouvait son bonheur.
Consciente de ne pas avoir décidé du déroulement de sa vie, son récit très lucide sur sa situation est riche en informations sur la vie quotidienne dans la Cité Interdite. Mais c’est avant tout le récit touchant d’une vie, pas celle d’une impératrice comme on en trouve habituellement dans les livres, non, juste un de ces dames de cour, anonyme et asservie.
Petit retour cette fois-ci sur la deuxième date béthunoise de la tournée après celle d’hier chroniquée sur ce blog.
Pas grand chose à ajouter ma foi, un show très similaire, même setlist. Le son toujours aussi bon.
Le public était bien plus actif que la veille. On sent toujours cette gène de ne pas avoir un vraie fosse mais bon, l’ambiance était pas mal du tout.
Personnellement, j’ai repris exactement la même place qu’hier, histoire de repasser le concert entièrement debout.
Au final, je dirai que je suis tout de même bien content d’avoir vu Thiefaine deux fois dans une petit salle au son magnifique, même si la configuration entièrement assise est perturbante, plutôt que de l’avoir vu dans une salle comme Bercy… unique date parisienne de la tournée.
Un grand merci à l’ingé son pour la setlist papier. Même si à ce stade de la tournée il n’utilise plus de setlist papier, il m’a filé celle qui lui sert d’aide mémoire et qui correspond dans sa majorité. Merci à lui!
Deux excellents concerts que je suis ravi d’avoir pu faire.
On termine avec l’extrait sonore (un peu plus long qu’habituellement) qui, comme hier, ne rend pas justice à la qualité d’écoute proposé dans cette salle.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
Setlist :
Annihilation
Fièvre résurrectionnelle
Lorelei Sebasto Cha
Soleil cherche futur
Infinitives voiles
Petit matin 4.10 heure d’été
Le Chant du fou
Confessions d’un never been
Les Dingues et les Paumés
L’Étranger dans la glace
Sweet Amanite Phalloïde Queen (proposé en extrait sonore)
113ème cigarette sans dormir (proposé en extrait sonore)
Garbo XW machine (proposé en extrait sonore)
Ad Orgasmum Aeternum
Mathématiques souterraines
La Ruelle des morts
Autorisation de délirer
Alligators 427
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Les Ombres du soir
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La Fille du coupeur de joints
Lobotomie Sporting Club
Je ne suis pas allé voir avant ce concert les différentes setlist de la tournée. J’ai donc été assez surpris de le voir commencer par une excellente version de Annihilation.
Le dernier album en date ne tarde pas avec en deuxième titre Fièvre résurrectionnelle. Le dernier effort studio sera représenté pas moins de sept fois lors du concert, excellente initiative et même prise de risque pour un artiste dont la plus grande partie du public attend, avouons le, une majorité de vieux titres. De ce côté, nous ne sommes pas en reste avec dans la liste par exemple une très jolie version de 113ème cigarette sans dormir.
J’ai trouvé Thiefaine très en forme, avec une voix au top. Comme toujours, le groupe qui l’accompagne est irréprochable.
Le théâtre municipale de Béthune n’est pas une salle de concert à proprement parlé, toutes les places sont assises et on sentait bien la frustration des fans, surtout aux premiers rangs. Il n’aura donc pas fallu attendre bien longtemps avant de voir tout le monde se lever. Mais là où je suis particulièrement étonné, c’est une fois les chansons un peu plus calmes commencées, de voir les gens se remettre naturellement sur le siège, c’est assez frustrant et je pense que cela doit gêner le groupe et l’artiste. J’ai particulièrement ressenti cette frustration sur la fin de Mathématiques souterraines ou encore Alligators 427, lorsque le public ne fut pas spécialement réactif pour chanter… Thiéfaine avait l’air, pas mécontent, mais résigné.
Du coup moi, je me suis placé au dernier rang (ce qui en soit n’est pas gênant, la salle étant peu profonde et ayant déjà vu HFT dans cette salle, premier rang, plein centre). Cela m’a permit de passer le concert complet, debout, à bien m’amuser.
Par contre, une chose est certaine, c’est que la qualité sonore est réellement bonne. C’est simple, on a l’impression d’être chez soit, devant un équipement hi-fi haute gamme. C’est assez bluffant d’écouter un concert dans de telles conditions, c’est un vrai régal.
Ce soir j’y retourne, et je pense reprendre ma petite place, dernier rang, bien tranquillement, pour passer un concert debout, à dodeliner de la tête.
Pour finir, le traditionnel extrait sonore qui malheureusement ne rend absolument pas justice à la qualité d’écoute proposée.
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Setlist :
Annihilation
Fièvre résurrectionnelle
Lorelei Sebasto Cha
Soleil cherche futur
Infinitives voiles
Petit matin 4.10 heure d’été
Le Chant du fou
Confessions d’un never been
Les Dingues et les Paumés
L’Étranger dans la glace
Sweet Amanite Phalloïde Queen
113ème cigarette sans dormir
Garbo XW machine
Ad Orgasmum Aeternum
Mathématiques souterraines
La Ruelle des morts
Autorisation de délirer
Alligators 427 (proposé en extrait sonore)
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Les Ombres du soir
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La Fille du coupeur de joints
Lobotomie Sporting Club
Mission, David Van Reybrouck / Raven Rüell, Le Palace, Béthune, 30 mars 2012.
Une fois n’est pas coutume, je vais en grande partie me contenter de vous mettre le résumer de cette pièce qui saura bien mieux rendre compte du sujet abordé.
Ce sont des hommes d’action dont plus personne ne parle. Passés de mode, déconsidérés par l’Histoire, oubliés.
Bruno Vanden Broecke, comédien star en Flandre, incarne l’un d’eux : un missionnaire catholique au Congo. Devant le rideau baissé, seul en scène, il s’avance vers un pupitre et livre au public la libre confession de cinquante années passées dans la brousse au nom de sa foi. Il explique avec passion sa vocation, ses aventures, ses crises et ses doutes. Sur place, il est une petite ONG à lui tout seul : sa case sert d’hôpital, d’école, de refuge, d’atelier de dépannages en tous genres. Amoureux passionné de l’Afrique plus que prosélyte, il évoque entre rire et larmes les amitiés nouées, la confrontation au réel d’un pays en convulsions, les atrocités dont il a été témoin. Très loin de la caricature du bon père blanc, l’homme est doté d’un humour qui fait mouche et d’un esprit critique qui n’épargne ni l’Eglise, ni les jeunes humanitaires, ni sa Belgique natale devenue une terre étrangère, asservie à sa richesse et aux loisirs. Mêlant bonhommie, ironie et coups de gueule, cette tranche de vie est saisissante de vérité et fait voler en éclats stéréotypes et visions manichéennes.Pour inventer ce récit, David Van Reybrouck, jeune écrivain et historien flamand – athée de surcroît – a sillonné le Congo et longuement interrogé des missionnaires belges encore en poste. Loin des débats sur la repentance ou les bienfaits de la colonisation, Mission livre juste le portrait d’un homme qui a choisi de vivre selon ses convictions et assume les conséquences parfois écrasantes de ce choix. Quel sens donner à sa vie dans un monde dont Dieu semble s’être absenté ? Sondant les conditions de l’engagement, ce texte puissant servi par un acteur d’exception procure un vrai choc de théâtre.
Que dire?
C’était excellent.
Seul sur scène, pendant près de 2h, un texte ou devrais je dire discours captivant particulièrement mise en valeur par l’unique comédien, Bruno Vanden Broecke.
Un sujet grave, très grave, brillamment défendu et exposé. Quelques pointes d’humour bien sur viennent égayer un peu la pièce mais le sujet est traité avec le plus grand sérieux. Le final est bouleversant.
Une mise en scène particulièrement sobre (un homme, un pupitre, pas de décors) et pourtant une pièce captivante de bout en bout. Ce genre de performance qui vous fait ensuite réfléchir sur bon nombre de problèmes et même sur vos soucis personnels.
Une grande réussite.
Patrick Süskind, Le Parfum, Livre de poche.
Lors de la sortie de son adaptation cinématographique, je n’avais pas encore lu ce livre, le film m’avait plu. Ma femme elle avait déjà lu ce livre et avait été légèrement déçue par cette adaptation. Je peux enfin me faire une idée de l’oeuvre d’origine puisque je viens d’en terminer la lecture et je peux maintenant comprendre la déception toute relative de ceux qui avaient lu le livre avant d’en avoir vu son adaptation.
Loin de moi l’idée de faire une comparaison, j’ai de plus un vague souvenir du film (que je vais revoir d’ici peu) mais ce qui me paraît assez évident c’est que le livre est bien plus riche, infiniment plus riche.
Alors bien entendu, j’avais déjà en tête l’histoire et son déroulement et j’anticipais donc une peu la suite de l’histoire au fur et à mesure de la lecture. Mais que tout cela ne vous empêche pas si vous êtes dans le même cas que moi de lire ce livre car l’histoire y est bien plus complète. Des passages entiers ayant été, parfois de manières assez surprenantes, supprimés de l’adaptation au grand écran. Vous redécouvrirez donc l’histoire.
Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, résumons rapidement. XVIIIème siècle, le héros, Grenouille, est doté dès sa naissance d’un odorat particulièrement développé. Une fois la prise de conscience de ce don, il n’aura de cesse de trouver, de fabriquer le parfum idéal. En vous disant de plus que le livre est parfois sous-titré, « L’histoire d’un meurtrier », vous vous doutez maintenant que l’histoire est bien plus complexe qu’il n’y parait.
Une excellente histoire et un style d’écriture très agréable font de ce roman une lecture hautement recommandable. J’ai accroché dès le départ, bien sûr à l’histoire mais j’en connaissais déjà la trame, mais surtout au style d’écriture. Passé maître dans l’art de la description, l’auteur parvient à décrire des odeurs de façon assez surprenante. Mais cela ne se limite pas à cela. Ses descriptions des endroits qui jalonnent le parcours du héros sont très vivantes et très imagées. Des images très claires se forment alors dans l’esprit du lecteur, on voyage avec Grenouille, on le suit littéralement, on est avec lui, à ses côtés, même dans ses moments de solitude totale.
Une réussite indéniable.
Bénabar, Zénith, Paris, 24 mars 2012.
Après Katy Perry l’an passé et Mika l’année d’avant, voici le concert annuel de ma femme. Bien entendu j’exagère car ma femme fait bien plus de concerts que cela (à très peu de choses la totalité de ceux chroniqués sur ce blog) mais je veux dire par là, le concert choisi par ma femme, pour ma femme.
Bon effectivement, Katy Perry et Mika, je vais pas dire, je n’aurai pas acheté moi même les albums, mais Bénabar je dis pas, j’aime bien. Et c’est avec un intérêt évident et même une certaine impatience que je me rends au Zénith de Paris pour voir l’artiste défendre sur scène son dernier effort sorti en fin d’année 2011, Les Bénéfices du Doute.
Le temps est splendide pour une fin mars, nous arrivons sur Paris sans un ralentissement, trouvons facilement une place de parking et sommes extrêmement bien placés dans la fosse. Ça c’était un portrait rapide de l’avant concert, la soirée s’annonce très bien.
Et très bien elle fût.
Le groupe de première partie, Eric Toulis, je ne connaissais pas. Deux sur scène, une guitare electro-acoustique, une contre-basse et des textes humoristiques. En trente minutes, ils ont réussis à détendre la foule, c’était très sympathique.
Venons en au concert de Bénabar à proprement parler. À bien y regarder, je ne verrai qu’un seul défaut à ce concert que j’exposerai en fin de chronique. avant cela, je ne peux vous dire que du bien de ce spectacle.
Pour commencer, et c’est à signaler pour une salle comme le zénith de Paris, le son est où nous sommes, très très bon. Très clair, chaque instrument se distingue bien, le dosage très bon entre voix, choeurs et instruments, cela fait du bien de ne pas entendre une bouillie comme il arrive trop souvent dans ce genre de salle.
Le public est assez varié, très discipliné et respectueux, même en devant de scène nous ne sommes à aucun moment bousculés, personne ne se faufile pour passer devant, ce genre de petites choses qui agacent par moment. Et un excellent moment préparé sur Dis-Lui Oui, très réussi, bravo.
Le groupe qui accompagne Bénabar est très vivant sur scène et ils ont l’air de s’amuser comme des fous par moment. L’entente avec le chanteur est complète. Leur jeu est parfait, la section cuivre est d’enfer et une belle place est laissée aux deux choristes, on se régale.
La scène est à la fois simple mais pas simpliste. Très belle disposition, beaucoup de mouvements, un light show très présent mais pas intrusif, là encore, du grand art.
Côté setlist, Bénabar défend bien son dernier album avec cinq titres et compléte le tout avec un bon paquet de chansons qui figurent parmi mes préférées.
Mais le plus important, c’est que le travail de ré-orchestration est impressionnant. N’allez pas voir Bénabar en espérant écouter une copie conforme de la version studio, c’est peine perdue. Quasiment chaque titre, et c’est surtout vrai pour les anciens, est complètement ré-orchestré. Tout en profitant d’une chanson que vous connaissez par coeur et que vous avez écouté mille fois, vous avez l’impression de la redécouvrir. Certaines versions sont particulièrement surprenantes et je pense ici à A Notre Santé (jouée avec une poêle, un paquet de céréale etc… vous voyez ce que je veux dire, que des faux instruments) ou encore le final sur L’ Itinéraire dont l’accompagnement musical est entièrement fait par les musiciens… mais à la voix. Vraiment, c’est à la fois un régal et impressionnant de voir le travail effectué.
Ajouté à cela une bonne dose d’humour et j’ai donc vous le comprenez passé une excellente soirée.
Mais là, vous vous demandez quel est ce petit défaut que j’évoquais en début de chronique. Et bien c’est que Bénabar est bien trop dépendant de son prompteur. Nervosité? Réel besoin? Difficile à dire mais c’est tout de même assez gênant.
Enfin bon, vous avez compris que si la seule chose que l’on retrouve à dire à la fin c’est ça, et bien c’est peu de chose.
Un excellent concert et un artiste que nous retournerons voir, ça c’est certain!
Pour finir, le traditionnel extrait sonore (difficile de trouver un truc exploitable lorsqu’on enregistre en début de fosse…), une chanson que j’adore.
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La setlist :
Quelle histoire !
Infréquentable
Où T’Étais Passé?
Adolescente
Pas du Tout
L’agneau
Politiquement correct
Y’a une Fille Qui Habite Chez Moi
Moins vite
Quatre Murs et un Toit
Le 115
Maritie et Gilbert Carpentier
Dis-Lui Oui
A poings fermés
La Berceuse
A Notre Santé
Les râteaux
Le Dîner
Je Suis de Celles
L’ Effet Papillon
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Love Me tender (reprise d’Elvis)
Les Épices du Souk du Caire
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À La Campagne
L’ Itinéraire
André Comte-Sponville, Le sexe ni la mort : trois essais sur l’amour et la sexualité, Albin Michel.
Surprenant non? Oui je l’avoue, il est rare, on peut même dire que c’est presque une première, de me voir donner mon avis sur un livre écrit par un philosophe.
Commençons donc par une petite explication…
Allez savoir pourquoi, les discussions prennent parfois des orientations inattendues, surprenantes. C’est le cas il y a quelques temps d’une discussion qui sans entrer dans les détails, se termine par le point de vue de Platon sur l’amour. Vaste sujet. J’aurai pu en resté là.
Mais le lendemain matin, en écoutant « La matinale » sur France Musique, l’invité du jour n’est autre qu’André Comte-Sponville qui vient présenter son dernier ouvrage, Le sexe ni la mort : trois essais sur l’amour et la sexualité. Il commence donc à discuter un peu de Platon justement, je suis accroché, le sujet m’intéresse. Et puis, au fil de l’interview, ce qu’il dit de Spinoza sur le sujet m’interpelle totalement. Là encore j’aurai pu en rester là.
Mais le lendemain, en flânant dans les rayons d’une librairie à la recherche de deux livres, je tombe sur ce livre. Je feuillette sans vraiment lire, en fait la décision était déjà prise au moment où j’ai saisi le livre dans les mains, l’achat était déjà devenu une évidence.
De ces trois essais, je retiens surtout le premier. Plus facile à lire d’une part pour quelqu’un comme moi, d’une écriture très vivante (il s’agit d’une sorte de retranscription d’une conférence orale à la base) et absolument passionnant. Ce premier essai s’attarde sur trois termes, Eros, Philia et Agapé, les trois principaux noms grecs de l’Amour. En expliquant ces trois termes, André Comte-Sponville m’a énormément appris. J’ai dévoré cet essai et je me dis même que je le relirai bien, juste pour le plaisir. Quelque soit votre situation actuelle, en couple ou pas, en crise ou pas, cet essai mérite à lui seul l’achat de ce livre.
Les deux autres essais n’en sont pas moins intéressants, loin de moi cette idée. Ils sont plus difficiles à lire, c’est une évidence.
Le deuxième, qui donne son nom au recueil, répond (je simplifie un peu) aux questions suivantes, et là je me permets un extrait de l’introduction : « Mais qu’est-ce que la sexualité? Que peuvent nous dire, sur elle, les philosophes? Qu’est-ce que l’érotisme nous apprend sur nous même? Quelles leçons de vie ou de sagesse en tirer? »
Même si mes connaissances en philosophie sont loin d’être assez solides pour apprécier pleinement le propos, j’y ai trouvé un discours très intéressant, souvent passionnant. Là encore j’insiste, il n’est nullement nécessaire d’avoir fait des études de philosophie pour savourer ce livre. Au contraire, je pense même que celui qui comme moi, n’a pas d’affinités très poussées avec la philosophie, prendra plaisir à lire ce livre et surtout à se reconnaître dans tel ou tel discours. C’est d’ailleurs assez amusant de se retrouver dans l’hypothèse formulée par tel philosophe.
Le troisième essai, Entre passion et vertu, est le plus court et peut être le plus difficile à comprendre. Là encore, je me permets un court extrait du premier paragraphe, André Comte-Sponville en parlant du verbe Aimer nous dit : « Qu’est-ce que cette vertu, si c’en est une, qui n’est pas un devoir, qui ne se commande pas, qui n’obéit pas à la volonté? On voudrait répondre : une passion; et c’est ce qui fait de l’amitié une expérience si singulière. »
Je n’ai certainement pas saisi entièrement le propos, je dois parfaire mes connaissances je pense avant de pouvoir goûter ce genre de lecture. Mais cela m’a vraiment intéressé et c’est déjà quelque chose en soit, pour moi en tout cas, de surprenant.
Voilà, au final, si je devais résumer mon ressenti après cette lecture, je dirai que je me reconnais en grande partie dans ce que dit Spinoza, que Platon fait régulièrement des passages dans ma vie mais ça je le savais déjà, et que Schopenhauer m’est définitivement étranger pour les questions d’amour.
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